Ethereum est très different de Bitcoin

Comme déjà évoqué dans de précédents articles, nous ne sommes pas de grands fans des altcoins et par conséquence d’Ethereum. Cependant, dans certaines circonstances, ces dernières peuvent être de bons investissements sur le court terme.

Nous allons aujourd’hui nous intéresser spécifiquement à Ethereum. Je ne parlerai pas des aspects techniques car je les évoquerai dans un prochain article. Intéressons nous seulement à l’évolution du cours de son token, l’ether.

Qu’est-ce qu’Ethereum?

Ethereum doit être considéré comme une start-up en constante phase de recherche de développement. La caractéristique commune de ces sociétés est qu’elles ont besoin d’une injection constante de cash pour survivre. Dans le secteur des crypto monnaies, il ne s’agit pas de financement mais plutôt de l’argent frais de nouveaux entrants. Sans ce flot d’argent frais, le cours du token peut rapidement s’effondrer et enclencher une spirale de baisse létale. Pour ces projets, le potentiel de recrutement de nouveaux arrivants est gigantesque! En effet, les cryptomonnaies sont la première classe d’actif qui soit facilement accessible à presque n’importe qui et dans le monde entier.

La stratégie marketing sous-jacente d’Ethereum

Pour assouvir cette soif de nouveaux entrants, il faut une énorme usine marketing. Dans le cas d’Ethereum, il s’agit de la société Consensys et de la fondation située en Suisse. Consensys a été fondé par quelques cofondateurs d’Ethereum et finance des projets ainsi que des individus. Mais leur principale production est avant tout le buzzword ou mot à la mode.

Le principe est le suivant et se décompose en 3 étapes:

  1. Choisir une ou plusieurs caractéristiques désirables de Bitcoin
  2. Supprimer toute contrainte physique ou limitation technique
  3. Enrober le tout d’un bel arc-en-ciel

Et voilà ! Le tour est joué. Et cela fonctionne à merveille. À défaut de produire le moindre projet viable, la communauté Ethereum a construit la plus belle usine à arcs-en-ciel du secteur.

Mais comment cela peut il encore attirer toujours autant de monde alors que les précédents investisseurs se sont brûlés les ailes avec les ICO par exemple?

La réponse est simple et double. D’abord, le réservoir de nouveaux entrants est immense et à l’échelle du monde. Ensuite, il est bien plus simple de proférer de fausses vérités que de les démonter. Cela est d’autant plus compliqué dans le secteur des crypto monnaies. En effet, pour bien comprendre les limitations, il faut avoir de solides connaissances dans les domaines disjoints de la théorie informatique, de la cryptographie et de l’économie. Les personnes ayant une compétence suffisante dans chacun de ces domaines sont rares. L’avenir s’annonce encore donc hélas radieux pour les vendeurs d’arcs-en-ciel.

Des phases bien définies

La plupart de ces “buzzwords” ont une durée de vie limitée. En général, pas plus de quelques mois, à l’issue desquels, le récit doit changer. En effet, la dure réalité des lois de l’économie ou de la physique viennent rapidement ternir le bel arc-en-ciel et ses promesses de richesse.

Cependant, le prix de l’Ether a tendance à bien se comporter lors de ces périodes de frénésie sémantiques.

La question à se poser est donc:

Sommes nous dans une phase de buzz?

La réponse à ce jour est oui! En l’occurrence, il s’agit d’une phase double avec en vedette DeFi (Decentralized Finance) et Ethereum 2.0 !

Le premier est un simple rebranding des DAO et autres ICO de 2017. L’idée est de construire une système financier décentralisé. Les DAO nous promettaient des sociétés décentralisées et autonomes, les ICO envisageaient de décentraliser tout et surtout n’importe quoi!

Après les échecs cuisants de tous ces projets, il a fallu revoir les ambitions à la baisse et cette fois ci, ne s’attaquer qu’au secteur financier.

L’arrivée de DeFi

Ces projets DeFi sont en réalité tous centralisés (ne serait-ce que par le fait qu’une société porte systématiquement le projet et donc certains droits et responsabilités) et même si les idées sont bonnes, leur exécution ne pourra être qu’un échec de part l’utilisation d’une plateforme relevant plus de l’usine à gaz que d’un système robuste.

Nous sommes actuellement en plein milieu de cette vague de “buzz” et un bon indicateur du début du déclin viendra quand les médias traditionnels commenceront à évoquer ces “innovations”.

L’autre buzzword est Ethereum 2.0. Ce dernier, nous arrive avec une quantité impressionnante de mots à la mode: Proof of Stake, staking, sharding, …

Ethereum 2.0 est une refonte totale du projet (ou plutôt un moyen poli de dire que le projet vendu initialement était une hérésie technique comme tous les bitcoiners honnêtes le disaient depuis longtemps). Pas besoin d’entrer aujourd’hui dans les détails dans cet article. Mais sachez seulement que ces technologies n’ont rien de révolutionnaires et augmentent seulement la complexité et donc la fragilité du système et mèneront évidemment à une centralisation encore accrue, seul recours pour un système déjà très fragile.

Est ce donc le moment d’acheter Ethereum?

De manière générale, je suis convaincu qu’Ethereum n’est pas viable sur le long terme car la science est une maîtresse sans pitié. Les lois de la physique auront toujours raison des buzzwords. À ce titre, Ethereum est selon moi très proche d’un autre exemple célèbre: celui de Theranos. Il s’agit de la société fondée par Elizabeth Holmes. Cette dernière a réussi à lever des milliards de dollars sur des années pour financer une pure arnaque technologique. Il s’agissait de tests sanguins grâce à une seule goutte de sang et en quelques minutes contre plusieurs centilitres autrement. Les scientifiques honnêtes du secteur ont longtemps montré que ce n’était pas faisable mais l’histoire était trop belle, l’argent trop puissant et les risques de réputation trop grands.

On retrouve aujourd’hui les mêmes tactiques dans les altcoins avec une attaque systématique des personnes osant se montrer sceptiques. Les plus mous invoquent la liberté d’entreprendre de de tenter de nouvelles choses. Mais l’arme la plus efficace est de noyer son adversaire sous une pléthore de mots à la fois complexes et dont le sens est détourné. A ce jeu, le fondateur d’Ethereum, Vitalik Buterin est un maître. Cette stratégie imparable permet d’apparaître comme un génie auprès des crédules et rend la défense très délicate car il faut revenir sur la définition de chaque mot pour contrer l’argument.

Malgré tous ces problèmes, il est tout à fait possible que le cours de l’ether surperforme celui du Bitcoin sur de courtes périodes. Et je pense qu’aujourd’hui, cette tendance va continuer encore quelques mois au maximum.

Ethereum Fashion trends

Cours de l’ether par rapport au bitcoin (source cryptowatch)

À quel moment sortir de sa position acheteuse d’Ethereum?

La question la plus importante est le timing de la sortie. Nous avons déjà vu, et continueront à démontrer sur notre blog, qu’il est extrêmement difficile de battre le marché sur le long terme avec des stratégies de court terme. Mais si nous décidons d’entrer dans ce type de position, il nous faut aussi une stratégie de sortie.

En trading, il existe un dicton qui peut nous aider:

buy the rumor, sell the news!

acheter sur la rumeur et vendre sur la nouvelle!

Cela devrait nous suffire pour juger du moment opportun pour couper cette position longue. En effet, dès que vous commencerez à voir apparaître des articles dans les journaux sur DeFi ou sur le potentiel infini de la nouvelle version d’Ethereum, vendez ! Après il sera trop tard.

L’autre indicateur sera la mise en production effective de cette nouvelle version. Les fondateurs qui en repoussent l’arrivée depuis des années le savent très bien. Dès que cette dernière sera effective (rien n’est moins sûr), le buzz disparaîtra aussitôt et avec lui le potentiel de hausse.

Paul

You may also like

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *